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Isère Magazine
L'Homme est-il bon ?
A cette question philosophique, Jacques Penin, auteur isèrois qui signe ici son premier recueil de nouvelles, répond plutôt non que oui, et murmure en sous-titre <>! Une saillie qui, si elle n'est pas sans lien avec le métier originel de l'auteur (cuisinier depuis 40 ans), laisse deviner la malice de son style et sa langue bien pendue. Un vingtaine de récits font le tour de la question, égratignant la papauté, les pères de famille dominateurs, les éditeurs, le FMI ou encore la police. Jacques Penin y envisage avec ironie l'avenir des futurs retraités, la naissance de la psychanalyse ou la création de l'univers... Si il est peut-être dérouté par l'imagination débordante de l'auteur, le lecteur n'est pas en territoire inconnu : les histoires ont pour décors la centrale du Bugey, Grenoble, les Gorges de la Bourne ou Villard-de-Lans...
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Les Affiches De Grenoble et du Dauphiné
Un humour mordant... jusqu'au sang.
Culotté, le bonhomme...Il entame les hostilités avec la biographie non autorisée d'un souverain pontife à venir; et les clôt par une conversation philosophique avec un singe Bonobo.
Entre les deux : trois cents pages de farces forcenées, d'ironie cinglante, voire sanglante, et d'histoires à l'humour mordant-mordant parfois même jusqu'au sang. Car Jacques PENIN a beau être un stakhanoviste du bon mot, il n'en est pas mois aussi adepte des fins radicales, pour ne pas dire cruelles : « le plus souvent horribles, mais toujours désastreuses », ainsi qu'il l'écrit avec malice.
Pour sont premier recueil de nouvelles, l'auteur d'Eybens a vu les choses en grand : une vingtaine de récits bien tassées. De l'esprit à revendre et pas chiche de sa volubilité, notre conteur fait feu de tout bois. Tout lui est bon à exercer sa verve : ça pétille et ça fuse, ça part dans tous les sens et ça se bouscule au portillon. Sans mentir, il y aurait bien là matière pour cinq à six romans ! Du coup, devant ces trois centaines de pages bondées, le lecteur est un peu confondu, débordé par un trop plein d'histoires sur vitaminées. L'ensemble, il convient de l'admettre, se révèle un brin décousu... bien que rapiécé. Le recueil pêche par défaut de cohérence, un manque de suite dans les idées. Mais il a, par conséquent, les qualités de ses défauts : à ce point saturé, le livre n'est certes pas avare en surprises, moyennant quoi le lecteur, encore que parfois au bord de l'asphyxie, ne risque sûrement pas de s'ennuyer. D'autant que Jacques PENIN s'essaie à toutes sortes d'exercices de style; et se montre un partisan particulièrement roué des épilogues décoiffants. Les chutes, il les aime brutales: chutes libres, carrément.
Facétieux en diable, PENIN nous vante les vertus curatives de la tête de veau ravigote; nous indique comment rencontrer la diable en personne, en pèlerinant à Lourdes; nous révèle les dessous fracassants de la naissance de la psychanalyse, suite à l'agression de FREUD par un ballon de football venu du futur; nous précise qu'il a vécu l'apocalypse dans la massif de Belledonne; nous tricote une éloge particulièrement incongru de la pêche au brochet; et nous offre une enquête explosive, menée au pas de charge par un vieux policier légèrement encombrant, que ses méthodes expéditives ont exilé à Grenoble. Il y a encore, dans ce livre aussi imprévisible qu'une pochette-surprise, un polar impressionnant, qui met en scène fort sinistrement la centrale nucléaire du Bugey. Écrite il y a plusieurs mois, voire plusieurs année, cette copieuse nouvelle prend aujourd'hui une tout autre dimension, au vu des récents événements japonais. Bien que totalement imaginaire, le récit devient soudain vraisemblable; d'autant que son apparente précision technique accroît la crédibilité de ce scénario catastrophe. Cela fait froid dans le dos : on ne rit plus du tout. C'est que le nouvelliste nous prend en traître. Il attaque avec des histoires badines, gaguesques, puis le ton se fait plus rude, le coup de dent plus blessant: le rire s'étrangle, le désespoir pointe, puis s'installe en monarque tout puissant. Jacques PENIN ne se montre guère optimiste sur la nature humaine. Et voilà un livre beaucoup moins clownesque, en définitive, que ce que la couverture pourrait en laisser paraître. Même si son auteur nous taquine encore et toujours, avec ses accès de gouaille et ses accents drolatiques. Jean- Louis Roux
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Sortir du nucléaire
L'homme est-il bon ? En ragoût peut-être...
Concluons cette rubrique en mentionnant ce recueil de nouvelles. Parmi la vingtaine de récits qu'il rassemble, l'auteur imagine en quarante pages l'un des scénarios du possible pouvant aboutir au déclenchement d'une catastrophe nucléaire à la centrale du Bugey, à moins de 40 km de Lyon. Nous n'en dévoilerons pas plus ici pour ne pas déflorer le suspense ! À l'heure où Jacques Repussard, directeur de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, estime qu'après Fukushima, il faut "imaginer l'imaginable", le secours de la fiction n'est pas à négliger... Xavier Rabilloud
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Le Dauphiné Libéré (extrait).
Rien ne prédestinait Jacques Penin,
cuisinier de formation, à se lancer à l'aube de sa carrière
professionnelle (âgé de 57 ans, il devrait faire valoir
ses droits à la retraite d'ici trois ans), dans le difficile
exercice d'écriture de nouvelles. Et si on lui avait raconté,
il y a une dizaine d'années de cela, quand il a commencé
à noircir des pages de cahier après avoir découvert
ce genre d'écriture, qu'un jour de décembre 2010 un
éditeur l'accepterait dans son pool d'auteurs, sans doute ne
l'aurait-il pas cru !
Mais ce sera chose faite d'ici quelques jours avec la sortie de son
premier recueil au titre évocateur
« L'Homme est-il bon ? En ragoût peut-être... ».
Un assemblage de textes issus de l'imagination fertile de cet éternel
curieux de tout ce qui l'entoure, qui prend un malin plaisir à
puiser l'idée de ses textes dans l'observation qu'il fait des
travers de ses contemporains, comme dans des questions aussi graves
et importantes que la vieillesse, le nucléaire, la religion
par exemple.
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Journal d'Eybens Janvier
Jacques Penin vit à Eybens et travaille
comme cuisinier à la ville de Grenoble. Il commence ses journées à
5 h du matin, ce qui lui laisse tout loisir d'occuper ses après-midi
comme il l'entend. Il en profite pour pratiquer quelques activités,
dont une lui paraît essentielle : la pêche à la ligne. Il anime aussi,
bénévolement une fois par semaine, l'atelier bois de la Villeneuve
et joue au basket dans l'équipe vétérans du club Eybens-Poisat. Il
s'intéresse aussi à l'écriture et, deux fois l'an -au printemps, lorsque
la fonte des neiges rend l'Isère impraticable, et en automne , quand
la pêche n'est pas autorisée-, il rédige une nouvelle. Il en a accumulé
quelques-unes au fil du temps, réunies aujourd'hui dans un recueil
qui vient de paraître aux éditions Persée. Le titre est une question
/ L'Homme est-il bon ? Le sous-titre donne le ton : en ragoût peut-être.
On n'en attendait pas moins d'un cuisinier ! Sur un ton accommodé
de gouaille et relevé d'une bonne pincée d'humour, Jacques Penin se
permet d'aborder des sujets graves comme le racisme, le sida, le nucléaire.
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L'Auteur
Si mon livre vous à plu,faites
le savoir autour de vous, cela ne m'aidera pas à faire fortune,
mais cela m'évitera, peut-être, de bouffer la grenouille.
Si mon livre vous a déplu, mais grave !
Offrez le à quelqu'un que vous n'aimez pas ! Je sais pas, moi,
belle maman, votre patron...
Vous aurez ainsi l'impression d'une vengeance à moitié
prix !!!
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