Pour la petite histoireLorsd'un échange d'appartement en Écosse, je tombe sur un recueil de nouvelles laissé à mon intention. Récits courts, denses,une chute inattendue. C'est le déclic. Fervent lecteur, je me découvre une nouvelle passion : l'écriture. Mais que faire, lorsque l'on a une imagination débordante, que l'on rêve de faire de la dentelle... et que l'on a des mains de forgeron ? Se former. « Sans travail, un don n'est qu'une sale manie » chantait Brassens. En 1999, je rencontre dans un atelier d'écriture, une professeure Eybinoise qui accepte de m'aider à travailler mes textes. J'avais alors l'illusion qu'un écrivain était un homme qui savait écrire, et que son principal problème pouvait venir d'un manque d'inspiration. Mon problème est à l'opposé. Lorsque je récupère mon texte, après une première relecture par ma correctrice, je rentre, les oreilles basses, et la queue entre les jambes. Je pose mon tas de copies, barbouillées de rouges, dans un coin. Le moral n'y est pas. Je laisse décanter entre 15 jours, et plusieurs années parfois ( bonobos ) avant que les choses retrouvent la bonne place. La deuxième « correction » se passe mieux, la troisième, généralement est une formalité. Mon premier recueil paraitra aux Éditions Persée fin novembre 2010. Qui suis-je ? Jacques PENIN, 57 ans, cuisinier de 5 h du mat à 13 h. Homme libre ensuite. Passions : Cinéma, Pêche « no kill », Animateur bénévole tous les vendredi depuis 15 ans à l'atelier bois de la Villeneuve à Grenoble, Basketteur vétéran du club Eybens-Poisat, tant que mes jambes seront d'accord ! La lecture, L' écriture, avec 2 nouvelles par an. Une lors de la fonte des neiges, au printemps, qui rend l'Isère impêchable, une autre à l'automne, alors que l'Isère est magnifique, mais... que la pêche est fermée ! Particularité: Lit, parfois, le programme télé, mais ne la regarde pratiquement jamais. Écoute les infos de 5 h du mat. La radio, le soir, en préparant le repas. Lectures courantes: Sciences et Avenir, Que Choisir, la Vie Mutualiste (Viva), cfdt magazine, Isère Magazine, l'Impatient, Psychologie magazine... Challenge et le Nouvelle Obs, qui me sont envoyés lors de promo !!! Littérature: A 12 ans : Frédéric Dard, avec San Antonio. Du polar, des gros mots, du sexe... tout ce qu'on ne trouvait pas à la maison. A 16 ans : du classique honorable. « Les onze mille verges », de Guillaume Appolinaire. Un porno à ne pas mettre « entre toutes les mains ». Ensuite, les classiques de ma génération. Giono, Vian, Van Vogh, Azimov, Sartre, Daudet, Malraux, Pagnol, Queneau, Voltaire, ou Zola. Marx était à la mode. La postface du capital me dissuadera de le lire. Mes débuts dans l'hôtellerie (horaires légaux de 54 h par semaine en 1970, hors temps de repas), avec des heures supp « à donf » et souvent non payées, se chargeront de me faire comprendre ce que peut être l'exploitation de l'homme par l'homme. Un grand trou dans ma culture littéraire: Pour cause de travail, de militantisme associatif, et d'élevage intensif de nos trois enfants ( le service après vente est beaucoup plus dur... que la conception !).Reprise d'études à l'âge de 35 ans. Encore que reprise soit abusif, vu que je m'étais fait virer en 5 ème, faute, justement, d'étudier. Une chance, la rencontre, au CUEFA, sur le Campus de Grenoble, de deux profs de littérature, qui savaient partager leur passion. Mr Sénac, un Meylanais, je crois, et Mme Leconte, une prof de philo. Qu'ils soient remerciés pour le bonheur qu'ils ont fait rentrer dans ma vie. A 45 ans j'attaque à donf, tout ce qui existe sous forme de nouvelles, bien sûr, mais guidé par les conseils d'amies qui espionnent, pour moi, l'Univers des Bibliothèques, je dévore des merveilles. En vrac, Victor Hugo, que je n'aurais pas lu, sous la menace à l'âge de 15 ans. Dumas, Zola, Francisco Coloane, Paasilinna, Riel, Tolkien, JK Rowling, Nothomb, Bobin, Rosset, Voltaire, et moult es auteurs, connus, ou inconnus, dont j'ai oublié les noms. Mais par dessus tout... ce qu'il me reste à lire. En espérant que mes yeux puissent, encore longtemps, me nourrir l'esprit. La déception aussi, parfois, chez des gens célèbres, des incontournables, des modèles, des classiques que l'on enseigne partout. Qu'il faut avoir lu ! De la beauté, selon moi: Un cœur qui exprime ce qu'il ressent à un cœur qui sait l'entendre, est le seul critère de l'émerveillement, de l'émotion. De la culture, toujours selon moi: Il y a deux sortes de culture. L'une est élitiste, et définie, via des célébrités, ce qui est sensé être bon pour vous.Fuyez-la ! L'autre, plus modeste, à portée de tous, est universelle. Il s'agit d'une insatiable curiosité. Elle vous fait emprunter les chemins les plus variés. Vous l'utilisez, sans même en avoir conscience. Elle vous enrichit chaque jour un peu plus, et vous valorise, sans pouvoir vous être volée. C'est un coin de paradis qui n'appartient qu'à vous. Préservez-le. Un espace culturel dédié : une affaire de moyens ? Dans mon appartement, bien équipé, j'ai la chance de posséder un espace dédié à la culture, et bien isolé des perturbations extérieures. Mais, peut-être, sans le savoir, en possédez-vous un également. Ce local, de 2 m sur 1.2 m, est doté d'une solide étagère, d'une caisse à livre, d'une vmc, d'une lumière basse tension, et d'un dévidoir à papier. Si ce n'était le confort du siège et du dossier, dessinés par une grande entreprise de sanitaire, ce lieu de culture, intellectuelle, et bactériologique, serait idéal. Bonne lecture L'auteur |
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